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Charles n'aura plus chaud au Liban...

Poitiers, le 20/09/2007

Ch
arles n'aura plus chaud au Liban...


I
l existe sur cette Terre des endroits chauds

Des
régions si éloignées qu'on les désigne par le vocable « là-bas ».

L
e soleil tape très fort surtout à midi

O
bligeant les humains à s'en protéger.



Des écrans indice 50, manches longues et lunettes solaires

O
n se protège comme on peut, on engage des gardes du corps

L
a peau s'y habitue, elle est plus bronzée.

L'humeur s'en ressent, le sourire colle aux lèvres.



H
ier, une autre de ces belles après-midi ensoleillées,

Dan
s un quartier paisible de la capitale libanaise

Le s
oleil n'a pas tapé, un écran total protégeait les gens

Un écran de fumée et une odeur d'explosifs.



Un attentat à la bombe visait un député,

Une
explosion a eu lieu « là-bas ».

D
es morts... des blessés... un ami tué.

L
'écran de fumée a voilé l'horreur.



«
Là-bas », très loin, mon c½ur a implosé.

De douleur j'écris, d'horreur je pleure

C
e jamais assez loin quand ça se passe sur terre

Il
s'appelle Charles Chikhany et il restera mon ami.



Il habitait au Liban et j'habite toujours en France

Il
passait « là-bas », se disait surement qu'il fait chaud,

I
l rentrait du travail ou y allait

En attendant le soir, aller prendre un verre avec des amis qui l'aiment.



Je
prends la parole pour tous ceux qui ressentent le vide

D'a
voir à vivre sans risque de croiser un être cher

«
Là-bas », loin, les nouvelles de Charles ne me parvenaient plus

Je
savais qu'il allait bien, qu'il vit.



A
ujourd'hui, j'ai lu son nom dans le journal,

A cô
té de dizaines de noms de morts et de blessés,

Cou
pables d'être nés dans un monde violent

J'ai
appris une dernière fois qu'il allait bien, qu'il a vécu.



L
'humanité est en procession sous une pluie de météorites,

Cert
ains sont fauchés, tombent.

On se
baisse alors, on ramasse un objet, un souvenir

Pou
r que survive en nous ce voisin, cet ami.



Et on
continue, jusqu'à une prochaine vague.

On
se baisse une fois encore, on ramasse et on continue.

Mes
bras sont chargés de souvenirs de Charles

Mon
c½ur est gros et mon foie gras de toute cette douleur.



Cha
rles, l'ami d'un humain inconnu de vous est mort

L
e lien de connaissance ainsi établi,

Vo
us le connaissez désormais...

L'
espoir n'est pas mort ; il vivra tant que la violence existera.



Co
mme si toutes les catastrophes naturelles ne suffisaient pas,

L'Homme y a rajouté les siennes, les catastrophes artificielles,

, « là-bas » ou ailleurs.

L
e combat ultime de l'Homme se poursuit :

La vi
olence doit succomber.


Anis RAHI, l'ami de Charles.
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# Posté le jeudi 20 septembre 2007 14:00

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