Discours à l'occasion de la veillée pour le Liban et Gibran Tuéni.
Poitiers, le 14 décembre 2005.
Le lundi 12 décembre 2005, un attentat à la voiture piégée a tué M. Gibran Tuéni, député à l'Assemblée nationale du Liban et PDG du journal Annahar.
Cet assassinat condamnable et condamné par tous les acteurs sur la scène nationale et internationale vient grossir le cortège des actes de terrorisme qui ont coûté ou failli coûter la vie à des personnages représentant toute la nation libanaise.
Rafic Hariri (ancien premier ministre libanais), George Hawi (chef du Parti communiste libanais), Samir Kassir (journaliste dans Annahar), Bassel Fleyhan (ancien ministre libanais), May Chidiac (journaliste, mutilée par une explosion), Elias El Murr (ministre de l'Intérieur) et Marwan Hamadé (ministre de la Santé) ainsi que d'autres libanais punis pour avoir rêvé d'un Liban à la hauteur de notre idéal de démocratie.
Nous nous réunissons aujourd'hui sur le parvis de l'Hotel de Ville de la commune où nous vivons pour être solidaires de nos compatriotes vivant au Liban.
La violence est plus vieille que l'homme mais lorsque l'homme est apparu, la violence a grandi. Comme si tous les tsunamis, volcans, réchauffement planétaire, tremblements de terre, et autres catastrophes naturelles ne suffisaient pas.
Elles frappent d'une manière aléatoire et nous, humains, nous l'acceptons ; c'est notre condition humaine.
Mais qu'en est-il des catastrophes artificielles ? Celles qui visent un sujet précis, qu'il soit nation, village ou personne physique.
Nous ne pouvons pas accepter la violence humaine, mais nous ne lui ferons pas face avec les mêmes armes. Nous ne prouverons pas que la violence engendre la violence.
Chaque personne membre de la communauté des humains a des droits. Nous avons le droit de riposter ; nous le faisons pacifiquement et intelligemment.
Nous avons le droit de savoir pourquoi des représentants de notre belle nation libanaise sont tués ; nous joignons nos voix à celle de notre gouvernement, à celles de nos compatriotes qui veillent en même temps que nous.
Nous avons le droit de savoir pourquoi des représentants de notre belle nation libanaise sont tués ; nous joignons nos voix à celle de notre gouvernement, à celles de nos compatriotes qui veillent en même temps que nous.
La communauté internationale doit poursuivre sa mobilisation pour le Liban.
Le Liban, mesdames et messieurs, est l'ultime bastion de la tolérance.
Il est l'exemple et la preuve que vivre ensemble est possible même quand on est différents, surtout quand nous sommes différents.
Au régime sécuritaire et totalitaire syrien qui bénéficie encore du soutien de marionnettes au pouvoir au Liban, qui n'a jamais rien fait pour empêcher ces attentats, qui les peut-être même encouragés, qui rêve de faire du Liban une province syrienne:
Il est grand temps que vous assumiez les conséquences de vos actes barbares perpétrés contre les libanais depuis des décennies.
Il est grand temps que vous assumiez les conséquences de vos actes barbares perpétrés contre les libanais depuis des décennies.
M. Gibran Tuéni a été assassiné dans son corps, nous tous l'avons été dans notre Idéal.
Reprenons à sa mémoire et pour qu'on n'oublie pas le serment qu'il a fait répéter par des millions de libanais rassemblés sur la place de la liberté à Beyrouth :
Nous jurons devant Dieu Tout-Puissant
Chrétiens et musulmans
De rester unis
Pour la défense de notre Liban.
Chrétiens et musulmans
De rester unis
Pour la défense de notre Liban.
Vive le Liban libre,
Vive le Liban souverain,
Vive le Liban indépendant.
Anis RAHI
